Impressions et papiers

Ne vous est-il jamais arrivé de vouloir imprimer en ligne quelques photographies sur papier, et choisir le support un peu par hasard tellement il y a de références ? C’était mon cas, pour tout vous avouer j’ai déjà choisi un papier parce que le nom sonnait mieux qu’un autre et que j’avais la flemme d’aller voir des comparatifs, qui plus est beaucoup ont des noms un peu farfelus voire peu engageants.

J’ai récemment acheté une imprimante et me suis intéressé aux différents papiers proposés à la vente, je vais vous faire un retour de ce que j’ai appris.

Note : les photographies que j'ai prises pour cet article sont 
retouchées afin de vous donner le résultat le plus proche de ce 
que je vois. 

En ligne ou chez soi

Il n’y a pas mille solutions pour avoir une photo sur papier, vous pouvez le faire dans un laboratoire à l’aide d’une imprimante ou d’un traceur (c’est une grosse imprimante), ou chez vous à l’aide d’une imprimante (ou d’un traceur si vous avez beaucoup de place et d’argent). Généralement, les laboratoires ont un service en ligne qui permet d’envoyer des fichiers et de recevoir des photos imprimées, c’est assez pratique.

J’ai déjà parlé de quelques services d’impression dans un précédent article, mais c’était plutôt axé sur les livres que sur les tirages numériques.

De ces services d’impression que j’ai testés, je peux vous conseiller par exemple le laboratoire Photolix et son annexe fine-art Papier Filtre, à Lille, ou encore Picto à Paris, New-York, Milan et Hô Chi Minh-ville. Les deux offrent un service méticuleux et sont à l’écoute des photographes, ils sont de très bon conseil.

Cependant, quand vous passez par un service distant, il est parfois compliqué de se décider à choisir un papier, et figurez vous que c’est exactement la même chose lorsque l’on imprime chez soi; d’ailleurs, les pochettes de papier étant assez chères et les feuilles souvent par multiples de 25, il ne vaut mieux pas se tromper.

Quelques papiers proposés par Picto

C’est pourquoi je vais plus vous parler ici de papiers que d’imprimantes, afin de ne pas trop vous embêter avec ces machines je vais traiter le sujet de suite.

Choisir l’imprimante

Choisir l’imprimante n’est vraiment pas compliqué, il y a trois principales choses à prendre en compte :

  • L’encre, qui peut être « à colorants » ou pigmentaire : pigmentaire c’est mieux, à colorants les imprimantes sont généralement moins chères.
  • Le format : certaines imprimantes font du 10*15 cm, d’autres du A2; plus ça imprime grand, plus c’est cher, et plus ça prend de place.
  • Le budget : les imprimantes pigmentaires A2 sont plus chères que les imprimantes portables format polaroïd.

Une fois que vous avez un budget donné, choisissez Epson, Canon ou HP, et achetez ce que vous pouvez. En gros il n’y a que ces trois marques qui sont distribuées un peu partout, et elles ont a peu près les mêmes gammes. Je n’ai pas vu de pigmentaire sous le format A3, et il y a plein de comparatifs sur internet.

J’ai choisi une Canon Image Prograf pro-300, dont vous pouvez voir les caractéristiques sur le lien, et qui imprime en A3+.
D’ailleurs ce lien est affilié Amazon, sachez que c’est pas ce qui me permet de devenir riche, personne n’achète jamais rien sur mes liens affiliés, mais je ne désespère pas que vous achetiez tous une imprimante un jour en cliquant dessus et que je puisse me payer un tirage de Richard Misrach.

Landscape by Richard Misrach
Richard Misrach, un jour il sera mien.

Choisir le papier

Une fois que vous avez l’imprimante, vous pouvez toujours tester des tirages avec du papier brouillon à 3 euros la ramette de 500 pages, mais c’est pas le but je suppose. Il vaut mieux acheter du papier de qualité, qui durera plus longtemps et vous permettra de vous rendre intéressants quand vous visiterez des expositions, à critiquer le papier utilisé pour les tirages de Martin Parr ou de Nikos Aliagas.

La taille

Premièrement, il faut choisir la taille de son papier, qui est souvent exprimée selon la norme ISO 216. Cette norme internationale donne des mesures dont le rapport longueur-largeur est le nombre d’or, ce truc qu’on voit partout dans les tutoriels photo. Oui je viens de relire la fiche Wikipedia.
La logique est assez simple : un A4 fait la surface de deux A5, un A3 celle de deux A4, et ainsi de suite de A8 à A0. Le A0 a donc une surface égale à un A1+ un A2 + un A3 + un A4 + trois A6 + quatre A8. Pourquoi faire compliqué ?

Les formats B et C ne sont pas courants, ou alors j’en sais rien, faut pas se prendre la tête non plus généralement on navigue entre A3+ et A5. Pourquoi A3+ d’ailleurs et pas A3 ? Parce que c’est un peu plus grand, c’est tout. Oui, il y a des normes, mais c’est pas drôle si c’est trop régulier.

Les papiers les plus vendus sont souvent aux formats A3+ 329 mm par 483 mm), A3 (297 mm par 420 mm), A4 , A4 panoramique (210 mm par 594 mm), A5, 5 par 7 pouces ou « 13 cm par 18 cm » (127 mm par 178 mm), et 10 cm par 15 cm.

Si je différencie 5 par 7 pouces et 13cm par 18 cm, alors que ça ressemble vachement, c’est que les constructeurs d’imprimantes et les confectionneurs de papiers ne sont pas tous d’accord, et parfois quand on imprime il y a un décalage des marges parce que Canson fait la première mesure quand Canon décide de la seconde, il faut veiller à bien regarder ce que dit le logiciel d’impression. Si cela vous fait peur, n’imprimez pas sur ce format.

Caractéristiques des papiers

La surface

La surface imprimable peut avoir plusieurs rendus, les noms reviennent entre les différentes marques ce qui facilite la tâche.

Mat : le papier ne brille pas, il ne reflète pas la lumière.

Satin, velvet, semi-mat, silk, pearl : le papier brille un peu, quelques reflets. C’est l’entre-deux avec plein de noms différents mais ça se ressemble souvent.

Glossy, brillant : le papier fait des reflets. Quand il y a « hyper » ou « super » devant, ça veut dire qu’il brille beaucoup beaucoup.

Le brillant a souvent des « noirs plus profonds » et des « couleurs plus vives », mais je vous conseille d’essayer, les mats ne sont pas non plus tout gris et tout pastels; c’est à mon avis plus une question de goût que de qualité, évidemment tirer une photo hyper brillante pour l’afficher dans une pièce hyper ensoleillée n’est pas idéal.

A4 print of Walk of Pride, London, papier Canson Infinity Edition Etching Rag
Tirage A4 couleur sur Canson Infinity – Edition Etching Rag, 310gsm

La composition

Une autre caractéristique primordiale, c’est la texture du papier, ou sa non-texture si j’ose dire.

Il y a les papiers Smooth, qui sont complètement lisses, les papiers Velvet, un peu moins lisses, et les papiers texturés, qui ont une certaine rugosité, plus ou moins prononcée.

Papier Hahnemühle William Turner, copyright Hahnemühle
Hahnemühle William Turner, texturé comme un nez-fraise

La texture vient pour partie de la composition du papier, les moins prestigieux sont en cellulose, une sorte de purée de bois, et les papiers hauts de gamme s’appellent souvent « quelque-chose-RAG ». C’est une sorte de compotée de coton, « rag » étant la traduction de « torchon » en anglais; les fabricants marque quasiment toujours « rag » quand c’est un papier en coton, parce que c’est signe de qualité, à l’exception du « Matt fine-art textured Torchon« , qui comporte déjà « Torchon » en français dans le texte, donc pas besoin de lui accoler « rag ».

Maintenant, vous savez lire l’étiquette : il s’agit d’un papier mat, texturé, et en coton.


D’autres matières font des papiers d’excellente facture, ceux à base d’agave de bambou ou de chanvre de chez Hahnemühle, tous trois mats et lisses, sont magnifiques.

Ci-dessous, la même photo, en haut sur Hahnemühle Photo Rag Baryta 315, en bas sur Awagami Kozo Thick White. Notez la différence de profondeur des noirs, et de saturation, ainsi que la texture plus affirmée sur le papier brillant.

Le grammage

C’est la masse du papier, exprimée en grammes par mètre carré, ou « gsm » en anglais, encore une victoire du système métrique.
Les papiers dits « fine art » sont régulièrement entre 280 et 320 grammes par mètre carré. L’épaisseur n’est pas systématiquement plus importante, certains étant épais mais peu denses. Cette valeur est plus indicative, je ne vois pas dans quel circonstance le grammage serait réellement décisif. Enfin entre 280 et 320 grammes, la différence est assez mince au toucher, alors au visuel je vous laisse imaginer.

Les marques les plus répandues et qualitatives sont les allemandes Hahnemühle et Tecco, Canson la française ou encore Moab l’américaine. Il existe bien sûr des marques plus confidentielles, mais les appellations seront toujours plus ou moins les mêmes.

Capture du site du papetier Red River, chaque papier est décrit assez précisément.

Les sites sont généralement assez clairs, vous pouvez filtrer les papiers par type, poids, style de rendus : c’est assez clair chez Canson, et la marque Red River trie même par « genre photographique ».

Un petit bloc d’échantillon papier peut être assez utile, chaque maque a le sien, imprimé ou tout blanc; certains vendeurs vous en offrent quand vous commandez chez eux.

Les papiers japonais

Les papiers japonais, ou Washi, n’ont pas les mêmes appellations que les papiers « occidentaux » (pardonnez moi si le terme est imprécis) mais il y a une logique qui est pourtant assez claire.

Il existe peu (ou pas, en tous cas j’en ai pas trouvé) de papiers brillants au sens « glossy-qui-fait-des-reflets », uniquement des mats mais il y en a toujours des texturés et des lisses.

Les papiers « Kozo » et « Unryu » sont en fibre de mûrier, les « Bamboo » sont en fibre de bambou, les « Mitsumata » en une sorte d’écorce ou de racine j’suis pas botaniste, les « Inbe » en mélange de mûrier et de chanvre, les « Bizan » sont un mélange de fibres de Kozo, de Bambou, de Mitsumata et de Gampi.

Une différence avec les papiers « occidentaux » est la variante white ou natural : ces derniers ont une teinte légèrement chaude qui fonctionne très bien avec l’impression en noir et blanc. Il y a aussi des variantes d’épaisseur, thin, medium et thick, dans l’ordre fin, moyen et épais.

comparatif papier washi kozo
Différence de teinte entre le Kozo White et le Kozo Natural.

Le Kozo est très légèrement texturé, il peut être extrêmement fin (le Mirakumo par ex, 90% kozo 10% cellulose) et a une grande souplesse, il peut presque se rouler comme du tissus et les plis ne marqueront pas. Ci dessous un noir et blanc sur Kozo Thin Natural.

L’Unryu laisse apparaître de façon très visible les fibres, qui ont un reflet plus lumineux, c’est assez particulier et ne se prête pas à toutes les images. Ci dessous deux exemples pris de face, et de côté afin de mettre en évidence la texture des fibres.

Le Bamboo est lisse et très blanc, il se rapprocherait un peu des papiers mats lisses européens à moindre coût, c’est une alternative très crédible aux « smooth » traditionnels.

Le Mitsumata est lisse et adapté pour la couleur, il a une très légère brillance.

Le Inbe a la même texture sur les deux faces et permet du recto-verso, c’est le papier japonais le plus blanc. Ci-dessous le très lumineux Inbe White.

Papier Washi Inbe white, Korea

Il existe certains papiers faits main, comme le Bizan; ils ont un bord frangé et sont très épais, mais le poids est modéré. Le Bizan n’a d’égal à sa rigidité que son prix, comptez 25 euros la feuille A3+. Les gris font des reflets tirant parfois sur l’argenté, avec beaucoup de nuances. Ci-dessous du Bizan Thick Natural, avec son bord frangé.

Les papiers Premio ont une double couche supérieure, et sont « plus haut de gamme ». J’ai essayé de comprendre pourquoi, mais il y a peu d’explications claires mis à part que « premio c’est mieux« .

Ainsi, on peut trouver du « Kozo Thick White », du « Inbe Thin Natural » etc.

Précautions à prendre en les imprimant : vérifier que l’imprimante accepte le grammage et la rigidité du papier. (Mon imprimante = environ 40 gsm minimum).

Papiers spécifiques

Les papiers imprimables recto/verso : chez Hahnemühle les papiers book et album, chez Canson les papiers « Duo« , et chez Awagami les papiers Bamboo 110, 170, 250 et Inbe Thick et Inbe Extra Thick.

Les papiers « double layered » ou double couche sont à séparer après impression, afin de n’avoir que la partie imprimée qui devient donc extrêmement légère (plus ou moins 20gsm) et laisse passer la lumière. Il existe le Kozo et le Mitsumata double couche. Ci-dessous un Kozo Double Layer, vous pouvez y voir la transparence, mais aussi un rendu des noirs et des gris très subtils.

Les papiers Kozo à couche unique les plus fins laissent également passer la lumière, comme ce très léger Mitsakumo.

Mitsakumo paper
Mitsakumo

Il existe aussi des papiers « métallisés » : chez Hahnemühle le Photo Rag Metallic et chez Tecco le Iridium Silver Glossy, leurs sites les conseillent pour les photographies de voitures rutilantes par exemple, mais avec un peu d’idées on peut sans nul doute leur donner d’autres sujets.

Imprimer

Pour imprimer, c’est pas bien compliqué, il faut installer ce que le constructeur vous dit d’installer. Dans le cas de Canon, j’ai un plugin dans lightroom où je sélectionne ce que je veux, et ça imprime. Il y a un mode « correspondance pilote » automatique, qui prend en compte le type de papier et ne m’a jamais fait défaut. Il y a aussi bien sûr la possibilité d’utiliser des profils ICC, sortes de mini plugins à télécharger sur le site du fabricant de papier et à mettre dans l’ordinateur pour que l’imprimante et l’ordinateur sachent exactement quel papier est utilisé, et en tirer le meilleur. Si c’est fortement recommandé, très honnêtement la « correspondance pilote » fonctionne TRES bien, « à l’aveugle » (peut être pas la meilleure expression) pour les papiers courants je ne pense pas pouvoir faire la différence; il est sûr qu’un imprimeur fanatique de profils s’égosillera à trouver les différences théoriques, mais un autre photographe qui regarde la photo ne se posera quasiment jamais la question. Vous l’aurez compris quand ça fonctionne j’évite d’aller chercher trop loin. Je ne suis pas ingénieur en imprimerie, et le type qui me parlera de profil ICC le jour ou j’expose n’aura plus de petits fours.

C’est anecdotique, mais ma préférence actuelle est le Canson Etching Rag

Conseils utiles

Afin de savoir ce que vous avez imprimé, et ne pas vous perdre dans des notes hasardeuses, je vous conseille absolument de noter ce que vous avez imprimé, et sur quel papier. J’utilise Notion pour ça, mais un document texte ou un tableur peut également faire l’affaire. C’est que Notion permet de lier chaque tirage à un autre tableau répertoriant leurs destinations, en cas de dons ou de ventes ou d’expositions au MoMA – des fois qu’ils oublient de me rendre mes photos.

Une autre petite astuce assez pratique est dans Lightroom, j’ai tout simplement créé une collection dynamique ajoutant toutes les photos avec le mot-clé « imprimé ». Cela permet d’avoir en un coup d’œil toutes les images déjà imprimées, de ne pas imprimer par erreur deux fois la même image en cas de tirages de lecture, et de réimprimer rapidement si vous devez vendre un tirage par exemple.

Une collection très dynamique

Pour l’envoi ou le stockage, j’utilise ces pochettes transparentes neutres, c’est assez pratique, ça évite les traces de doigts et de gras quand on mange des frites.

Enfin, pour le stockage, je n’ai pas vraiment de référence à vous donner, il y a les boîtes Hahnemühle grises, pas trop mal, et d’autres toute noires chez le Géant des Beaux Arts que je ne vois plus référencées. Les deux sont certifiées PH neutre, pour une conservation prolongée, mais je me demande si c’est pas un peu du bullshit, j’ai aussi une boîte à chaussure qui ne m’a rien coûté, et elle est peut être neutre mais n’a juste pas été testée.

Enfin, toutes les marques ou presque proposent des packs découverte, avec une ou deux feuilles de chaque papier. Le pack de 18 feuilles A4 chez Awagami coûte une quinzaine d’euros, c’est vraiment idéal pour tester.

Conclusion

Une fois les principales caractéristiques retenues, il est bien plus facile de faire ses choix, et encore une fois un carnet d’échantillon est plus parlant qu’un article, puisqu’il est possible de toucher les différents papiers.


L’imprimante est l’un des meilleurs achats que j’ai pu faire en photo, il y a une certaine émotion à voir un A3 d’une image que l’on affectionne déjà sur écran; imprimée, la photo prend une toute autre dimension. Si vous ne pensez pas en imprimer assez, ou n’avez pas le budget ou la place, je vous encourage quand même à en imprimer quelques unes de temps en temps sur un beau papier, au pire si vous n’aimez pas le résultat vous pouvez toujours les offrir à Noël, c’est quand même plus class qu’un mug avec une connerie écrite dessus.

4 Comments

Add Yours

Merci pour cet article qui tombe à pic (en tout cas pour moi) pour les différents types de papiers. Je pense que je vais commander des échantillons pour toucher du doigt la différence. Une question : tu ne parles que du A3 et plus grand mais pas du A4 ; ce n’est pas un format utilisé en photo ? (tu auras compris que j’ai une imprimante A4 bien sûr…).

Bonsoir !
Non non loin de là, tous les papiers japonais présentés sont en A4 justement, et quasiment tous les papiers des gammes courantes et clés dont je parle existent tant en A3 qu’en A4, il y a plein de choix.

Bonsoir Rich,
Merci pour l’article, j’ai eu un peu peur quand tu as abordé le décalage des marges, mais à part ça ça a l’air simple. J’ai le projet d’achat d’une imprimante et plus je te lisais, comme je viens de terminer ton article sur les NFTs, plus cette résonance en moi du coup énergétique de nos passions me revenait comme des salves persécutrices, et donc me voici de nouveau dans le paradoxe, l’achèterai-je? et ces beaux papiers que je convoite tant je les aime, me les procurerai-je? ArRRRrrrrGggGHHHhhhhhhhh

Ahah il faut bien peser le pour et le contre avec l’imprimante, c’est pas simple; pour le reste, l’impression c’est vraiment pas compliqué.

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