Les propositions de cet article sont purement personnelles, vécues, testées, et il n’y a en aucun cas une quelconque affiliation; cela ne me dérangerait pas d’avoir des voyages offerts mais j’en suis toujours à l’étape des choix de destinations et de vols par moi-même afin d’économiser un peu de temps et d’argent. J’écris surtout ce billet car je répète souvent ces conseils à des connaissances, au moins ça sera utile au plus grand nombre.

1. Le choix de la destination

Cela peut paraître fondamentalement idiot, que de commencer par là, et pourtant c’est un des choix des plus difficiles. Seul, en couple, entre amis, déjà les destinations ne s’offrent pas de la même manière. Et dans un sens, la pratique photographique influe sur les destinations que l’on peut envisager. Imaginez-vous un fan de macro florale se rendre à Manhattan en hiver, traquer l’Edelweiss en treillis ? Ou un chasseur de papillons armé de son 500mm f/4 super-piqué dans les tréfonds d’une cité Sibérienne ? Jamais.

Rien ne vous empêche de vous donner un budget quelques semaines avant, et de laisser le hasard vous guider selon les prix des vols même si c’est une alternative assez énergivore dans l’organisation.

 

2. Le vol

Les tendances de prix

Le premier outil que je vous conseille est le site Algofly : ce site permet de connaître les tendances tarifaires d’un vol. Cela est calculé en fonction des algorithmes en fonction sur les sites de vente et de référencement des vols, ainsi que des statistiques des années passées et quelques autres outils fort pratiques.

Vous pouvez mettre des alertes automatiques en fonction des prix, sélectionner une période d’achat plus propice, et ainsi ne pas uniquement faire confiance au « early booking » (réserver tôt = payer moins cher) qui n’est pas le seul facteur tarifaire, et qui l’est de moins en moins.

Le choix dans la date

Le second outil que je vous propose n’est autre que Google Flights, qui s’est véritablement amélioré ces dernière années. Et pour l’utiliser à son meilleur niveau, l’idéal est d’avoir une petite marge calendaire.

Simulons un voyage : je veux aller aux Etats-Unis une dizaine de jours du 10 au 20 septembre 2019. Je me laisse pour cela une marge de deux jours avant, et deux jours après, donc je suis flexible du 08 au 22 septembre. 

Je rentre ma ville de départ, puis les dates; ici je mets « Paris », « aller le 10/09 » et « retour le 20/09 ». Je laisse la destination vierge, et je lance la recherche. 

Le moteur passe en mode carte, et je n’ai qu’à la déplacer pour voir les prix s’afficher. En vert s’affichent les « bons prix », comprendre ceux en dessous des prix habituellement constatés. 

Premier résultat : NY à 327 euros, Miami à 414 euros, Orlando à 418 euros et Boston à 411 euros. Côte Ouest L.A. à 414 euros et Frisco à 418 euros. 

Je décale mon aller au 09, puis au 08, et je fais la même chose dans l’autre sens, le retour le 18 et le 19 avec ces deux allers. Ensuite, je décale au 11 et au 12 l’aller, avec un retour le 21 et le 22. 

En décalant du 08 au 18, j’ai Denver qui passe à 394 euros, Frisco et LA à 400 et 401 euros, et en décalant du 11 au 22 septembre Boston tombe à 310 euros.

Retour sur Algofly : le site me confirme pour Boston qu’un excellent prix serait de 290 euros, que 360 euros est un bon prix et que le prix moyen est de 520 euros. Je suis donc rassuré et je pourrais pour fêter mon achat dépenser la différence en bières.

Voici la première méthode, qui fonctionne bien quand vous voulez visiter un pays en bougeant, sans vraiment vous soucier de là où vous atterrissez, pour peu que vous soyez légèrement flexible. Plus vous l’êtes mieux vous vous en tirez. 

Bien sûr vous pouvez paramétrer le nombre d’escales et d’autre détails, cela modifie les prix en conséquence. Les temps de trajets sont affichés à gauche de l’écran.

Simulons un second voyage : Je désire passer une semaine à Berlin en octobre, sans avoir défini mes dates. Je rentre « Paris » en départ, « Berlin » en arrivée. Ici rien de plus simple, sur le calendrier de départ je clique sur le premier octobre, les prix des retours s’affichent selon les jours, ainsi le Paris-Berlin-Paris me reviendra à 107 euros si je pars le premier octobre et rentre le lendemain, et 56 euros si je rentre le 21 octobre. 

Cette fois je ne trouverais pas moins cher, et pour passer une semaine du 23 au 28 octobre à Berlin je paierais au mieux 56 euros. (remarquez que le rapport prix / emprunte carbone est assez monstrueux, d’où l’intérêt de ne pas trop prendre l’avion quand même). 

Enfin, concernant les vols multi-destinations, entrez vos aéroports et changez les dates pour voir les prix bouger. N’hésitez pas à inverser le sens du voyage, cela à fait passer mon prochain vol de 670 à 560 euros. Soit environ 800 photos en Portra 400 : ça paye mes pelloches pour le voyage ! (l’idée est de ma compagne, je l’en félicite)

 

 

Google flights

Vol pas cher pour Denver ! Plus qu’à louer une voiture et faire un road trip. 

3. Se déplacer

La voiture

La location de voiture fonctionne à peu près de la même manière, les sites sont justes différents. 

Conservons notre voyage à Boston du 11 au 22 septembre, chez Hertz.com la voiture la moins chère me coûtera 347 euros pour une Ford Focus. Sur la version irlandaise du site je paye 364 euros, sur la version canadienne 931.60 USD, soit 828 euros ! 

Ici je vous invite à être prudent et persévérer, chez un même loueur les prix peuvent largement différer que vous passiez pas la version française du site ou une autre. Et ne pensez pas que l’exemple ci-dessus est là pour prouver que passer par le site français est avantageux, ce n’est pas toujours le cas. 

Les sites de comparaison qui sont aussi prestataires, comme BSP auto peuvent s’avérer efficaces, ici il me trouve la location la moins chère à 331 euros. 

J’en finis avec les locations de voitures par un détail très important : depuis 2015 dans certains pays, comme le Canada, certains états des Etats-Unis et l’Irlande (où j’ai vérifié cela malgré moi) les loueurs exigent que vous ayez une carte de crédit pour la caution. (et c’est souvent écrit dans les 30 pages de votre contrat numérique en tout petit). 

Vous pensez en avoir une ? Vérifiez si la mention « CREDIT » est écrite sur votre carte bancaire; l’appelation »carte de crédit » en France est souvent un abus de langage et définit en réalité nos carte de débit (dans ce cas il est écrit « DEBIT » sur votre carte). Depuis juin 2016 cette mention est obligatoire. 

Arriver à l’aéroport et ne pas pouvoir louer car la carte n’est pas la bonne, et ce même si vous avez de l’argent sur le compte, c’est terriblement gênant. 

A car in California

Ford Mustang à Big Sur, l’idéal de beaucoup de touristes. Canon AE1, 35mm, 2013.

Le train

Le train est une option intéressante dans pas mal de pays, et parfois même les wagons-couchettes vous feront économiser une nuit d’hôtel. 

Les sites touristiques sont légion et vous indiquent très souvent s’il y a une offre pour les visiteurs, ainsi le Japan Rail Pass est très avantageux, comme son équivalent Coréen le Korail Pass. Les deux nécessitent un achat depuis l’étranger, pensez à vous y prendre à l’avance. 

Ce mode de transport est très efficace pour aller de ville en ville, mais les Etats-Unis par exemple ne sont pas hyper facile à visiter sans voiture, et le réseau ferré n’est pas des plus efficace tant tout est fait pour la voiture. 

Train in Belarus

Accueil dans le train de nuit biélorusse, 2019

Outre le côté pratique, il y a aussi un certain charme à s’arrêter dans des gares paumées, et l’intérêt photographique est certain. Puis c’est plus facile de prendre des photos en train qu’en conduisant, bref, renseignez vous sur le réseau de votre destination. 

Je ne vais pas aborder ici le covoiturage et l’auto-stop, ce dernier étant incroyablement aléatoire. J’ai déjà passé quelques heures à attendre déguisé en prêtre à l’aide d’un bout de papier blanc dans mon col de chemise noire, pour finir par dormir sur un terre-plein derrière une barrière d’autoroute, alors qu’un Ile d’Yeu-Paris m’a pris le même temps que le même trajet en train – que j’avais loupé – à bord d’une grosse berline avec un chauffeur qui ne se souciait pas trop des limitations de vitesses. 

Si vous n’avez pas d’heures à perdre, ou peur de tomber sur des gens trop farfelus, je vous conseille de n’utiliser ce mode qu’en dernier recours, même s’il amène à de sympathiques rencontres. 

4. Dormir

Chez l’habitant·e

Vous avez ici la solution la plus simple, dans l’ère du temps : Airbnb. C’est fonctionnel, vous savez où vous mettez les pieds, la personne sait qui elle accueille, je n’ai presque jamais rencontré de souci en utilisant leurs services. 

Je dis « presque » parce qu’il peut en arriver un : les adresses ne correspondent pas forcément à l’indication sur la carte du site. En Europe ce n’est pas bien grave, mais il m’est arrivé en Biélorussie, sans téléphone, de me rendre compte que les indications de l’hôte étaient complètement foireuses. On a trouvé du wifi non sans mal pour la contacter, et là encore c’était complètement vague, mais on s’en est sorti; si vous utilisez Airbnb dans un pays où vous n’aurez pas de réseau, notez BIEN et PRECISEMENT toutes les indications pour y arriver.

En autre solution vous avez bien entendu le couchsurfing qui fonctionne pas mal, mais que je n’ai jamais testé. N’hésitez pas à faire des retours en commentaires afin que je puisse en indiquer les avantages et les défauts. 

Enfin, dormir chez l’habitant·e rencontré·e sur place est une option non négligeable, il n’y a pas de « méthode » et le but en soi n’est pas de profiter des gens, mais c’est toujours envisageable de sympathiser et d’y arriver. 

A l’hôtel

C’est le logement de voyage le plus classique, et pas le moins cher. Il y a cependant quelques petits trucs qui peuvent aider : certains sites comme Hotwire proposent des chambres « en dernière minute », vous réservez pour un x étoiles dans un secteur, vous aurez le nom de l’hôtel plus tard mais vous ne paierez pas plus d’une somme y. Et cela arrive bien souvent que pour le prix payé vous soyez surclassé·e.

A l’inverse jetez un œil aux événements qui seraient susceptibles de faire monter les prix hôteliers : de passage à Daytona alors que la course des 500 miles faisait rage, je n’ai pas trouvé un Motel sous les 150 dollars. De retour quelques jours après la « suite » était à 42 dollars. 

Les avis et critiques sur internet sont d’un côté une bonne chose, d’une autre un peu encombrants tant il y en a, et que ça peut vite faire perdre du temps que de comparer, re-comparer et sur-comparer. Il faut raison garder, un hôtel à 40 euros ne sera que rarement meilleur qu’un hôtel à 120 euros, et plus la concentration est grande moins la différence est perceptible, ne vous embêtez pas trop avec ça. 

 

El Capitan, San Francisco. Si vous lisez les avis, vous n’y allez pas, si vous ne les lisez pas, vous faites des économies. Peinture écaillée, rats dans les chambres, miroirs branlants, toilettes bouchées, gens qui errent dans les couloirs sous des néons blafards : l’hôtel est un sujet photographique à lui seul. 

5. Conseils divers

Les guides de voyage

L’éternelle question de « quel guide est mieux qu’un autre » est un débat sans fin, chacun ses particularités : le Routard offrira des choses plus accessibles et parfois hors des sentiers battus, le Guide Vert est assez accès sur la culture mais les propositions demandent un plus gros budget, le Lonely Planet est pas mal mais vu qu’il est très vendu, vous croiserez souvent du monde… 

En règle générale pour un gros voyage j’en prends deux différents, dont au moins un sur place : ils permettent de rattraper une erreur de dernière minute ou de trouver un restaurant rapidement.

Pour les visites, c’est autre chose et surtout en photographie; l’éternel débat est : est ce que je veux voir les monuments et lieux historiques, quitte à tomber dans la « photo-carte-postale« , ou est-ce que je préfère voir comment vivent les gens actuellement, dans leur cadre habituel ? 

Internet

Je ne vais pas vous dire de ne pas regarder les avis et critiques sur internet, sans quoi vous pourriez fermer cette page, mais il faut faire la part des choses : un guide en ligne est les avis de voyageurs sur des forums n’ont pas la même valeur. 

Les avis de voyageurs, lors de débats sur tel ou tel sujet, en arrivent souvent à la confrontation entre deux ou trois personnes qui connaissent mieux le pays l’une que l’autre, et qui disent tout savoir. L’intérêt pour le lecteur est alors complètement nul, puisqu’ils vont pour se démarquer jouer à celui qui va le plus loin dans la surenchère du « ouais mais tu connais pas tel village » qui ne vaudra peut être pas la peine d’un détour de 8h en taxi-brousse. 

Tripadvisor de son côté est devenu parfois incontournable, mais il souffre de défauts que je trouve rédhibitoires. Voici pourquoi : si vous voyagez à Paris, par exemple, il y aura des millions d’avis sur des milliers de restaurants. Les avis sont écrits par des touristes et des parisiens, les clients seront des touristes et des parisiens, les choses sont à peu près dans le bon ordre. 

Si vous voyagez au Vietnam, c’est tout autre : les avis seront pour une très grande majorité ceux de touristes et non de locaux ! Les restaurants se tirant la bourre sur l’application s’efforceront donc de plaire aux touristes, et à partir de là tout de système sera biaisé.

Enfin, certains pays ont une utilisation quasiment nulle de Tripadvisor. En Biélorussie par exemple quelques grandes villes n’ont rien ou presque d’indiqué sur l’application, donc deux ou trois restaurants sont sur le podium juste parce qu’ils ont été notés; autant dire qu’utiliser Tripadvisor dans ces conditions est parfaitement inutile voire contre-productif

Ne pas (trop) se perdre

Quelle belle invention qu’est la carte ! Pas besoin de batterie, pas besoin de câbles, ça pèse pas lourd et ça tient dans le sac. Si vous faites un road-trip, c’est diablement plus sexy qu’un GPS loué à prix d’or à un loueur de voitures, et ça permet surtout de tracer votre trajet dessus, c’est un bon souvenir. 

Cela dit, Google maps est très efficace, il permet de sauvegarder d’un clic un endroit, tout en l’ayant disponible en mode avion. Quand tout plante, il reste ça, parce que les applications de sauvegarde de lieux peuvent se planter et effacer des données hors-lignes, et si vous n’avez plus de wifi à proximité il ne vous reste que vos yeux pour pleurer. J’y sauvegarde les lieux importants, comme les adresses des Airbnb ou des hôtels. 

Sa cousine de Google, My Maps est diablement efficace sur le papier, mais en pratique c’est avec elle que j’ai eu le plus d’ennui. Et il est impossible (ou alors je n’ai jamais trouvé, et pourtant j’ai cherché) de voir les cartes éditées dans Google Maps. 

Il faut savoir que certains pays bloquent l’accès hors ligne de Google Maps, et de My Maps par la même occasion. C’est le cas du Japon et de la Corée du Sud par exemple. Heureusement il y a une solution, la meilleure que j’ai trouvée jusqu’à aujourd’hui : Maps.me.

C’est un plan, tout comme Google Maps, mais dont les parties sont téléchargeables. Si vous partez dans le Colorado, vous téléchargez la carte et pouvez y accéder à tout moment. Mieux encore, il y a un GPS voiture et piéton très fonctionnels, et l’enregistrement de la carte se fait avec toutes les données utilisateur préalablement rentrées : restaurants, hôtels, activités. Bien sûr on en revient à faire confiance en des avis d’inconnus, mais cela peut sauver la mise. 

Enfin, vu que les choses sont bien faites, il est possible d’exporter les cartes éditées avec MyMaps et de les intégrer à Maps.me ! La boucle est bouclée. 

 

Florida road map

Une vraie carte, à droite une Google Map de Manhattan assez remplie. 

Voici la part de conseils que je peux vous apporter pour ne pas dépenser plus que nécessaire, bien sûr ne réservez jamais toutes vos nuits à l’avance, cela vous empêcherait de rester plus longtemps dans un endroit qui vous plaît ou vous obligerait à rester dans un endroit dont vous avez fait le tour. 

N’oubliez pas de consulter France Diplomatie si vous partez dans un pays à risques (non, pour aller passer le week-end en Belgique ou une semaine à Majorque, c’est pas forcément nécessaire). Leurs conseils sont à prendre comme ils sont : éviter aux citoyens français de s’attirer des problèmes, à vous de maîtriser les risques et de prendre les bonnes décisions. 

Si vous avez des remarques ou suggestions, je suis preneur et sûr que d’autres lecteurs pourront en profiter, ainsi j’essayerai au mieux de les intégrer dans l’article.